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Responsable de la coordination du dicastère
de la sécurité au Stade de Genève,
lingénieur civil Claude Cuche tient des
propos rassurants : « Nous devrions obtenir à
la fin octobre le permis dexploiter. Le coup de
pouce de lEtat avec un prêt de quatre millions
nous permet de répondre à toutes les exigences
et elles sont nombreuses ! ».
Un vrai casse tête au départ. Chaque canton
a ses normes spécifiques. Et il faut de surcroît
tenir compte des règles édictées
par lUEFA et la FIFA, tout en veillant à
la bonne application des directives de lASF. Dès
le lancement des travaux, Claude Cuche prend conscience
de la complexité de sa tâche : «
Lappareil administratif est effrayant. Tous les
services de sécurité concernés
sont répartis au sein de plusieurs départements.
En outre, les pompiers dépendent dadministrations
municipales
».
Lenvergure du projet, la multiplicité des
usages incite lEtat à demander la mise
en uvre dun concept global de sécurité.
Une première à Genève. Une commission
interdépartementale sur les risques majeurs (CIRMA)
est donc créée. Elle est placée
sous la responsabilité dun scientifique
de renom, Jean-Claude Landry. Cet aréopage porte
sa réflexion sur trois points : 1) identifier
les dangers 2) calculer les risques 3) déterminer
les mesures. Ces dernières sont de deux ordres
: techniques (que faut-il améliorer dans la construction
?) et dorganisation.
Travers bien helvétique, le goût du perfectionnisme
est un facteur perturbant. Tous les travaux, toutes
les modifications suggérées ne sont pas
inclus dans le planning. Ils sont le fruit dune
étude faite alors que le chantier est déjà
engagé. Des problèmes de coût et
délais surgissent donc dans les jours qui précèdent
louverture du Stade de Genève, fixée
impérativement au dimanche 16 mars 2003. Pour
pallier les inconvénients de travaux non terminés,
la surveillance est renforcée avec lappel
à plus de pompiers et de stadiers. Et tout finalement
se déroulera sans dommage.
« Il ne faut pas oublier quil sagissait
dune exploitation nouvelle. Il était difficile
de se baser sur lexpérience des Bâlois
dont le stade na été ouvert que
deux ans auparavant. Il nous fallait donc faire nos
propres expériences. » précise notre
interlocuteur. Homme de dialogue, il se félicite
de la bonne volonté apportée finalement
par toutes les parties concernées. Ainsi, les
CFF ont écarté tout danger potentiel.
Aucun wagon à marchandise ne stationne sur les
voies dans un rayon de 200 mètres lors des matchs.
Pour sa part, la police apporte un soutien logistique
précieux avec son concept dévaluation
des risques de hooliganisme.
« La sécurité commence par une bonne
visibilité » affirme Christian Griffault,
lun des concepteurs du Stade de France à
Paris. Or cette condition est parfaitement remplie au
Stade de Genève. Elle est même lune
des grandes réussites de louvrage avec
les vomitoires qui assurent une évacuation rapide
du public après les matches. Il ne reste que
des points de détails à corriger afin
de tendre vers une sécurité maximale.
Des portillons daccès pour les pompiers
vont être aménagés juste derrière
les buts, espace grillagé, afin de faciliter
une intervention rapide lors des feux de fumigènes
ou de pétards.
13 août 2003 / Jacques DUCRET
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