 |
Longtemps, les clubs romands tinrent le haut du pavé
dans le petit monde du football helvétique. Hélas,
Gilbert Facchinetti à Neuchâtel, André
Luisier à Sion, Paul-Annik Weiller à Genève
appartenaient à une race de mécènes
en voie de disparition, du moins de ce côté
ci de la Sarine. En Suisse alémanique, il en va
tout autrement. Gigi Oeri à Bâle, Sven Hotz
au FC Zurich, Rainer E. Gut aux Grasshoppers et Bruno
Marazzi à Berne se donnent les moyens de leurs
ambitions. Sans leur apport personnel, le championnat
de LNA se trouverait singulièrement appauvri.
La construction du Parc Saint-Jacques a certes magnifiquement
servi les intérêts du FC Bâle. La ferveur
du public rhénan est unique en Suisse mais elle
ne revêtirait pas une telle intensité sans
le rôle tenu par une représentante de la
dynastie d'une des grandes familles de l'industrie pharmaceutique.
Petit bout de femme à la vitalité débordante,
Gigi Oeri a largement puisé dans sa fortune personnelle
afin que Christian Gross dispose d'une équipe compétitive
au plus haut niveau. La tâche était double.
Non seulement, il s'agissait de se renforcer, comme en
témoignent les engagements de Rossi, Esposito et
Haas, mais surtout il fallait à tout prix empêcher
le départ d'un Murat Yakin, lequel était
sollicité par Celta Vigo mais aussi de Chipperfield
que convoitaient plusieurs clubs français.
Il faut savoir que le FC Bâle doit impérativement
dépasser la barre des vingt mille entrées,
à chaque match "at home", s'il ne veut
pas perdre de l'argent. Le contrat qui le lie au "Basel
United Stadion-Management AG" est draconien. Le "FCB"
doit donc entretenir la ferveur populaire, faute de quoi
il met en péril son équilibre budgétaire.
Le club est constamment sur le fil du rasoir.
|
 |
Le départ
de son président René C. Jäggi s'explique
mieux dans ce contexte. Six années d'efforts intensifs
et fructueux ont trouvé leur récompense
sur le plan purement sportif avec un doublé coupe
et championnat et une qualification pour la "Champions
League". Mais cette incontestable réussite
présidentielle a un prix.
Accaparé par une tâche exercée bénévolement,
il n'eut guère le temps de se consacrer à
ses propres affaires. La solution idéale aurait
été qu'il soit rémunéré
par le club, comme c'est par exemple le cas aux Grasshoppers
pour Peter Widmer. Cet avocat est mandaté par le
trio de banquiers, Rainer E. Gut, Fritz Gerber et Uli
Albers. La situation était claire dès le
départ. Au FC Bâle, il était difficile
d'envisager un changement de statut sans affaiblir l'autorité
du "big boss". René C. Jäggi a choisi
de partir en beauté, de répondre à
l'offre du FC Kaiserslautern où ses qualités
de gestionnaire seront rétribuées à
leur juste prix.
Le FC Bâle, les Grasshoppers, le FC Zurich et les
Young Boys donnent le ton outre-Sarine. Ils bénéficient
d'un mécenat que leur envient le FC Aarau et le
FC Saint-Gall. Il y a dix ans, le FC Aarau effectuait
la course en tête avant d'être sacré
champion suisse en juin 1993. Aujourd'hui, les Argoviens
sont à la traîne. Ils reportent tous leurs
espoirs dans la construction d'un nouveau stade, le "Mittelland
Park". Un projet qui a l'assentiment des autorités
locales. Champion suisse en 2000, le FC Saint-Gall attend
beaucoup de son changement d'installation, prévu
fin 2004, début 2005. Comme à Genève,
Jelmoli AG est partie prenante.
jd |