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Libéré enfin de toute crainte, le FC
Servette s'apprête à vivre sereinement
mais aussi intensément son match d'adieu au stade
des Charmilles, le dimanche 8 décembre contre
les Young Boys. Cette ultime rencontre permettra au
public d'applaudir des générations de
joueurs qui ont marqué l'histoire du club.
Ce défilé des vieilles gloires revêtira
un aspect émouvant. Les organisateurs de ce cérémonial
ont fait un choix judicieux en demandant à Jean-Jacques
Tillmann d'être le speaker de service. Le célèbre
commentateur de la TV est l'homme de la situation. Gamin,
il peut se vanter d'avoir vu dans les années
quarante l'une des plus spectaculaires équipes
servettiennes, celle qui présentait un quintette
d'attaque inégalable avec Belli, A. Facchinetti,
Tamini, Pasteur et Fatton. C'était le temps béni
du "tourbillon". Par leurs permutations incessantes,
les poulains de l'entraîneur Fernand Jaccard déboussolaient
les défenseurs adverses et remportaient haut
la main le titre de champion suisse en 1946. Jacky Fatton,
le fer de lance, représentera ce team de rêve
ce dimanche 8 décembre. A 77 ans, il est encore
un spectateur assidu aux Charmilles, à l'exemple
de son coéquipier d'antan Marcel Mouthon (80
ans).
Dans un passé plus récent, Raymond Maffiolo
(64 ans) démontra un attachement à ses
couleurs qui hélas n'a plus cours. Pendant vingt
ans, de 1950 à 1970, cet authentique international
ne commit pas la moindre infidélité à
son club. Arrière latéral véloce
et clairvoyant, il débuta à 18 ans en
équipe première. Il vécut ses meilleures
années sous la houlette de Jean Snella avec la
conquête de deux titres nationaux (1960/61 et
1961/62).
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Il eut pour
partenaires Jacques Desbaillet, l'actuel président
des "anciens du FC Servette", mais aussi Jackie
Barlie, qui pendant huit saisons, de 1964 à 1972,
défendit la cage servettienne. Depuis une douzaine
d'années, comme entraîneur des gardiens puis
dans le rôle de coach, Barlie est redevenu un personnage
incontournable aux Charmilles.
Des footballeurs étrangers de grand talent ont
porté le maillot grenat, à commencer par
Karl-Heinz Rummenigge dans les années quatre-vingt,
mais aucun ne s'est montré aussi percutant que
Bernd Dörfel. Chaussé de bottes de sept lieues,
l'Allemand perforait toutes les défenses avec une
facilité inimaginable. Capable de gagner des matches
à lui seul, il attira les foules aux Charmilles
entre 1970 et 1973. Hélas, des ennuis musculaires
mirent un terme prématuré à sa carrière.
Etabli à Hambourg sa ville natale, il revient régulièrement
à Genève où il a conservé
un cercle d'amis.
Dans un style différent que Dörfel, José
Sinval a lui aussi laissé un souvenir impérissable.
Ailier au dribble déroutant, le petit brésilien,
qui avait été déniché par
Jean-Marc Guillou, enchanta les esthètes de 1986
à 1995. Le départ de Sinval pour l'Espagne
coïncidait avec l'apparition de Patrick Muller. L'actuel
sociétaire de l'Olympique Lyonnais disputa ses
premiers matches en LNA lors de la saison 1995/96. Il
retrouvera le public genevois ce 8 décembre. La
veille, il aura joué à Gerland un match
de la Coupe de la Ligue contre Bastia. L'ex-junior du
FC Meyrin sera à coup sûr présent
lors de la grande soirée d'inauguration, soit le
30 avril 2003. Un match de l'équipe de Suisse est
agendée à cette date.
jd
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