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Elles se révèlent longues,
difficiles, les tractations menées par lASF
afin de conclure deux matches cette année contre
lItalie (30 avril) et la France (19 août),
au Stade de Genève. Cette gestation laborieuse
est révélatrice dun profond changement
dans les relations internationales. Il est loin le temps
où la Suisse renflouait ses finances en multipliant
les rencontres amicales avec ses prestigieux voisins.
Aujourdhui, lâpreté des négociations
ne laisse guère de liberté de manuvre
aux dirigeants helvétiques. Ils doivent se soumettre
à des conditions draconiennes, surtout en matière
de droit de télévision.
La pression ne vient pas directement de la FFF et de
la FIGC. Ni le président Claude Simonet ni son
homologue italien Franco Carraro ne veulent la mort
du pêcheur. Mais ils doivent composer avec les
exigences de leurs clubs délite. Ceux-ci
marquent de plus en plus de réticence à
libérer leurs joueurs. Le dernier coup de force
du G14 illustre bien le malaise. Ce groupement des grands
clubs européens, réuni à Madrid
en ce début de février, réclame
à la FIFA la mise en place dun système
dindemnisation. Il entend ainsi compenser labsence
forcée de ses internationaux. Certains pays,
à commencer par la Suisse, versent déjà
des indemnités. Mais leur montant est sans commune
mesure à ce que réclame le G14. Le secrétaire
général de lASF, Peter Gilliéron,
sen rendra vite compte. Quatre Suisses ont pour
employeur des membres de la G14. Lappellation
prête à confusion. A la vérité,
ce cénacle regroupe non 14 mais 18 clubs : Real
Madrid, FC Barcelone, Valence CF, AC Milan, Juventus
FC, Inter Milan, Liverpool FC, Manchester United, Arsenal,
Bayern Münich, Borussia Dortmund, Bayer Leverkusen,
Olympique Marseille, Olympique Lyonnais, Paris Saint-Germain,
Ajax Amsterdam, PSV Eindhoven et FC Porto.
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Stéphane
Henchoz (Liverpool FC), Johann Vogel (PSV Eindhoven),
Patrick Muller (Olympique Lyonnais) et Fabien Celestini
(Olympique Marseille) appartiennent aux cadres de léquipe
nationale. Philippe Senderos (Arsenal) pourrait les rejoindre
à lautomne. Dautres sélectionnés
helvétiques, à commencer par Hakan Yakin,
auront peut-être lhonneur et le privilège
de porter, la saison prochaine, les couleurs de lun
des membres de ce cercle très fermé.
La libéralisation sans frein écrase les
plus fragiles économiquement et crée des
situations ubuesques. En Allemagne, aucune réglementation
ne soppose à lafflux massif de mercenaires.
Cet « envahissement » est ressenti à
tous les niveaux. Comme en Suisse Romande, on recourt
parfois à des palliatifs dérisoires. Lanterne
rouge en D3, SC Dresde a cherché son salut au Portugal.
Ancien de Benfica, José Morais est le nouvel entraîneur.
Il a amené dans ses bagages une demi-douzaine de
ses compatriotes. Ceux-ci seront-ils suffisamment costauds
physiquement et psychiquement pour ne pas décevoir
le dernier carré de supporters dun club au
passé glorieux ? Autrefois, Dynamo Dresde, comme
toutes les grandes formations de lAllemagne de lEst,
privilégiait la formation, brillait en coupes européennes
sans aucun apport étranger. Douze ans après
la réunification, Dresde, à lexemple
de bien dautres villes de la défunte RDA,
est rayé de la carte du football délite
germanique.
jd
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