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Après
avoir frôlé le pire à sa prise de
pouvoir en 2001, Köbi Kuhn a magistralement retourné
la situation à la tête de léquipe
nationale. Dix ans après Roy Hodgson, il hisse
la sélection helvétique au niveau des meilleurs.
En 1993, lAnglais sappuyait tout à
la fois sur une discipline tactique sans faille et sur
lémergence dune volée de jeunes
attaquants talentueux (Chapuisat, Turkyilmaz, Knup, Grassi)
pour souvrir les portes de la Coupe du Monde aux
USA. A lépoque, aucun club de Ligue Nationale
navait les moyens de briller en coupes européennes.
Le FC Bâle croupissait en LNB, cest dire !
Aujourdhui, Kuhn tire un heureux parti de lavènement
des Rhénans. Il reprend à son compte la
formule du « trident » imaginée par
Christian Gross : Hakan Yakin en soutien des deux avants
de pointe. Sous le maillot à croix blanche, Stéphane
Chapuisat et Alex Frei endossent les rôles tenus
par les Argentins Hernan Rossi et Christian Gimenez à
Saint-Jacques. La formule fait merveille. Elle insuffle
au compartiment offensif cette force de percussion qui
lui avait cruellement manqué sous les règnes
successifs de Gilbert Gress et dEnzo Trossero. Esquissée
contre la Géorgie à Bâle, la réussite
du système fut patente à Dublin face à
lEire avant de trouver une confirmation éclatante
en Slovénie.
Le jour où les Suisses passaient cinq buts aux
Slovènes (5-1), les « tricolores »
trébuchaient devant les Tchèques à
Paris (0-2) sous le regard dArsène Wenger.
Le coach dArsenal entretient des rapports difficiles
avec le président de la Fédération
française de football, Claude Simonet. Grand pourvoyeur
de léquipe nationale, Wenger na cessé
de sélever contre la prolifération
des matches amicaux et surtout des rencontres de prestige
de la France aux quatre coins de la Planète.
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Secrètement,
il nourrit un autre grief : son quatuor dinternationaux
Robert Pires, Patrick Vieira, Thierry Henry, Sylvain
Wiltord nest pas utilisé en sélection
au mieux de sa valeur.
Plus ouvert que son prédécesseur Roger Lemerre,
Jacques Santini ne peut néanmoins répondre
aux exigences légitimes des « Gunners »
sans remettre en cause les privilèges de Zinedine
Zidane. Inspirateur génial du jeu des « tricolores
», le mercenaire du Real Madrid est un électron
libre dans un système différent de celui
du 4-4-2 appliqué par les Londoniens. Au mieux
de sa forme, « Zizou » justifie toutes les
entorses aux règles dune parfaite ordonnance
collective. Mais lorsque sa motivation est défaillante
ou ses jambes un peu lourdes, des lézardes apparaissent
dans le bloc français. Certes, il ny a pas
péril en la demeure. Les adversaires des tenants
du titre, dans la phase éliminatoire de lEuro
2004, à commencer par la Slovénie, ne sont
pas de taille. La tentation est grande de repousser à
plus tard le règlement dun problème
embarrassant mais quil faudra bien résoudre
avant louverture du tour final au Portugal.
Cest le lot de tous les responsables dune
équipe nationale dêtre confrontés
à des choix délicats. Köbi Kuhn néchappe
pas à cette règle (exemple : Vogel ou Celestini
?). Mais au contraire de son homologue de lHexagone,
il demeure ferme sur lessentiel : la cohérence
de ses choix tactiques.
jd
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