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LA CHRONIQUE de Jacques Ducret
Août 2003
Saga africa

            

L’éblouissement. Au Stade de Genève, pour la plus grande joie de leurs nombreux supporters, les « tricolore » ont joué à leur meilleur niveau, celui qui leur avais permis d’être sacrés champions du monde en 1998 et d’Europe en 2000. Sans paraître forcer leur talent, ils ont battu avec une facilité dérisoire une formation helvétique orpheline de Hakan Yakin. Le score de 2-0 (mi-temps 1-0) n’est pas cher payé pour cette magistrale leçon de français. Lorsqu’il récupère ses deux éléments clés, Patrick Vieria et Zinedine Zidane, le « onze » de Jacques Santini se place hors de portée de quasiment tous ses rivaux sur le Vieux Continent. Au contraire de la Suisse, la France dispose d’un réservoir de joueurs d’une richesse inépuisable. Certes le facteur démographique est la première explication au nombre dix fois plus élevé de licenciés outre Jura. Mais comme passer sous silence l’apport toujours plus marqué de joueurs de souche africaine ? Lorsque l’équipe de France remportait l’Euro 1984, le seul Noir était Jean Tigana.

Aujourd’hui, les Blacks ont le pouvoir chez les « Bleus ». A Genève, ils imposèrent leur potentiel physique mais aussi leur brio technique. En dépit de ses 35 ans, Marcel Desailly affiche toujours la même autorité au sein de la défensive. Il est l’ogre qui dévore les attaquants adverses. Il ne fit qu’une bouchée de Stéphane Chapuisat. Lilian Thuram se montra tout aussi intransigeant. En l’absence de l’ex-Congolais Claude Makelele, c’est un black de Montreuil, Olivier Dacourt qui assume avec opiniâtreté et lucidité le rôle de demi défensif. Et que dire du compartiment offensif dirigé de main de maître par Zidane ? Sylvain Wiltord (13e) et Steve Marlet (55e) couronnèrent cette « saga africa » par deux beaux buts.
Il ne faut pas s’y tromper. Le football chatoyant qu’offre les « tricolores » tranche avec la grisaille que réservent, match après match, les équipes de la Ligue 1. Sous le prétexte qu’ils ne disposent pas d’un Zidane, les entraîneurs de l’Hexagone mettent davantage l’accent sur le pressing que sur la créativité. Curieusement, c’est le comportement d’un Suisse qui illustrait, au Stade de Genève, ce paradoxe. A l’Olympique Marseille, Fabio Celestini a la taille patron. Il a mission sur le terrain de rappeler à ses coéquipiers les directives données par Alain Perrin. Il veille au resserrement entre les lignes, au replacement défensif lorsque la balle est perdue. Ce zèle lui vaut une place privilégiée à l’OM. Mais contre les surdoués de Santini, il fut dépassé. En classe pure, la différence était trop flagrante. Il risque de payer au prix fort cette défaite. Incapable de s’imposer en meneur de jeu au sein de la sélection helvétique, l’ex-Lausannois voit poindre une concurrence toujours plus forte. Le Bâlois Benjamin Huggel, doté de moyens physiques impressionnants (1m.88/84 kg.) a fait une apparition convaincante en fin de partie.

jd

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