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Léblouissement.
Au Stade de Genève, pour la plus grande joie de
leurs nombreux supporters, les « tricolore »
ont joué à leur meilleur niveau, celui qui
leur avais permis dêtre sacrés champions
du monde en 1998 et dEurope en 2000. Sans paraître
forcer leur talent, ils ont battu avec une facilité
dérisoire une formation helvétique orpheline
de Hakan Yakin. Le score de 2-0 (mi-temps 1-0) nest
pas cher payé pour cette magistrale leçon
de français. Lorsquil récupère
ses deux éléments clés, Patrick Vieria
et Zinedine Zidane, le « onze » de Jacques
Santini se place hors de portée de quasiment tous
ses rivaux sur le Vieux Continent. Au contraire de la
Suisse, la France dispose dun réservoir de
joueurs dune richesse inépuisable. Certes
le facteur démographique est la première
explication au nombre dix fois plus élevé
de licenciés outre Jura. Mais comme passer sous
silence lapport toujours plus marqué de joueurs
de souche africaine ? Lorsque léquipe de
France remportait lEuro 1984, le seul Noir était
Jean Tigana.
Aujourdhui, les Blacks ont le pouvoir chez les «
Bleus ». A Genève, ils imposèrent
leur potentiel physique mais aussi leur brio technique.
En dépit de ses 35 ans, Marcel Desailly affiche
toujours la même autorité au sein de la défensive.
Il est logre qui dévore les attaquants adverses.
Il ne fit quune bouchée de Stéphane
Chapuisat. Lilian Thuram se montra tout aussi intransigeant.
En labsence de lex-Congolais Claude Makelele,
cest un black de Montreuil, Olivier Dacourt qui
assume avec opiniâtreté et lucidité
le rôle de demi défensif. Et que dire du
compartiment offensif dirigé de main de maître
par Zidane ? Sylvain Wiltord (13e) et Steve Marlet (55e)
couronnèrent cette « saga africa »
par deux beaux buts. |
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Il ne faut pas
sy tromper. Le football chatoyant quoffre
les « tricolores » tranche avec la grisaille
que réservent, match après match, les équipes
de la Ligue 1. Sous le prétexte quils ne
disposent pas dun Zidane, les entraîneurs
de lHexagone mettent davantage laccent sur
le pressing que sur la créativité. Curieusement,
cest le comportement dun Suisse qui illustrait,
au Stade de Genève, ce paradoxe. A lOlympique
Marseille, Fabio Celestini a la taille patron. Il a mission
sur le terrain de rappeler à ses coéquipiers
les directives données par Alain Perrin. Il veille
au resserrement entre les lignes, au replacement défensif
lorsque la balle est perdue. Ce zèle lui vaut une
place privilégiée à lOM. Mais
contre les surdoués de Santini, il fut dépassé.
En classe pure, la différence était trop
flagrante. Il risque de payer au prix fort cette défaite.
Incapable de simposer en meneur de jeu au sein de
la sélection helvétique, lex-Lausannois
voit poindre une concurrence toujours plus forte. Le Bâlois
Benjamin Huggel, doté de moyens physiques impressionnants
(1m.88/84 kg.) a fait une apparition convaincante en fin
de partie.
jd
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