 |
« Pourquoi
un stade à trente mille places assises ? ».
Assénée, martelée par les opposants
de tout poil, cette question qui se voulait provocatrice
se retourne déjà contre leurs auteurs. Après
le succès populaire rencontré lors des trois
matches internationaux organisés au cours des six
premiers mois dexploitation du Stade de Genève,
la réponse tombe sous le sens : seule une telle
capacité daccueil permet de briguer lorganisation
de rencontres de léquipe de Suisse.
Contre la France, on refusa même du monde. Dix à
vingt mille billets supplémentaires aurait trouvé
preneurs. Mieux encore, au lendemain de léchec
cuisant enregistré face aux « tricolores
», une demi-heure après louverture
de la location de Suisse-Eire (samedi 11 octobre à
Bâle), tous les billets disponibles avaient été
vendus ! Cest dire lengouement, la passion
que suscitent la « Nati » aux quatre coins
du pays. En dépit de son accident de parcours face
à Zidane et ses partenaires, la Suisse de Köbi
Kuhn jouit dune cote de sympathie très marquée.
Bien placée dans la course à la qualification
pour lEuro 2004, elle a lassurance de participer
au tournoi 2008 en tant que pays co-organisateur. Ce privilège
naurait pas été possible sans la construction
du Stade de Genève. Il est bon de le rappeler.
La guerre dusure, quil a fallu mener sur le
plan local, a servi finalement une cause nationale. Lorsque
le 12 décembre 2002, parmi sept candidatures, lUEFA
choisit la Suisse et à lAutriche, le Conseil
Fédéral sen félicite hautement.
Il rappelle dans un communiqué, publié le
jour même : « que le gouvernement suisse a
soutenu fermement cette candidature. Les deux chambres
du parlement ont également accepté, à
une large majorité, le message sur les contributions
et les prestations de la Confédération pour
soutenir lorganisation de lEuro 2008. »
|
 |
La justification
des trente mille places ne repose pas uniquement sur les
besoins de léquipe nationale. Le club locataire,
le Servette FC, traverse certes une passe difficile mais
dans un avenir plus ou moins rapproché, il pourrait
fort bien reprendre son rang dans le concert international.
Sans évoquer la « Champions League
», la perspective de recevoir au Stade de Genève
un grand nom du Gotha européen, sous le signe de
la Coupe de lUEFA, est une éventualité
raisonnable à moyen terme. En attendant, la Société
dexploitation pourrait fort bien être sollicitée
par un autre club romand. Ainsi, Neuchâtel/Xamax
nexclue pas la possibilité de jouer au Stade
de Genève si daventure, le tirage au sort
de lédition actuelle de la Coupe de lUEFA
lui réservait une confrontation avec une grosse
pointure. A La Maladière, les nouvelles normes
de sécurité limitent à cinq mille
le nombre de places autorisées. Pour ce motif,
les Young Boys ont été contraints de renoncer
au Neufeld et de fixer au Parc Saint-Jacques à
Bâle leur match du tour de qualification contre
une obscure formation finlandaise.
Si le projet du complexe du Stade de Genève navait
pas vu le jour, le public genevois aurait perdu à
jamais tout espoir de goûter au football de haut
niveau.
jd
|