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« Cest
un outil fantastique ! ». Lenthousiasme communicatif,
Me Philippe Burnand plaide avec autant déloquence
que de conviction la cause du Stade de Genève.
Le Conseil dEtat a bien choisi « the right
man in the right place » au poste de mandataire.
Passionné de « foot » depuis sa tendre
enfance, ce juriste a travaillé pendant sept ans
comme cadre au service juridique et commercial de lUEFA.
Aujourdhui, il empoigne un dossier que lon
qualifiera de brûlant. Il a six mois pour veiller
à la finition des travaux et aménagements
liés au stade, ainsi quà la mise en
place de son exploitation.
Sa première mission est la moins ardue : on saffaire
dans les coursives. Le grand chantier de la sécurité
est en bonne voie dachèvement. Les quatre
millions injectés par le Conseil dEtat, sous
forme davance sur frais, sont employés judicieusement.
En revanche, le problème que pose la gestion du
stade est dune grande complexité. Au départ,
tout était simple. La société dexploitation
et le Servette FC se confondaient dans la même entité.
Mais en sortant du jeu en 2002, Canal + brouillait les
cartes. La Fondation du Stade rachetait certes les actions
de la chaîne cryptée mais elle perdait le
savoir faire dinterlocuteurs rompus aux mille et
une questions que soulève la rentabilité
dun complexe sportif de cette importance. A la tête
dune équipe extrêmement réduite,
accaparé de surcroît par de multiples tâches
de liaison avec les maîtres détat,
Thierry Tribolet, directeur de la société
dexploitation, na pas eu humainement le temps
de se livrer à un travail de prospection auprès
déventuels utilisateurs du stade. Il se retire
après avoir accompli le labeur le plus ingrat.
Son successeur, Tiziano Blua sera plus disponible pour
explorer toutes les pistes, même les plus insolites
ainsi que le suggère Philippe Burnand : «
Avec le centre commercial, lhôtel et le stade,
la palette est large
Et il ny a pas que le
football. Nous avons des contacts pour organiser de grands
matches de rugby qui attireraient un fort public de la
France voisine. Dans un autre registre, le complexe se
prête aussi bien à lorganisation de
séminaires dentreprise quà des
dégustations de vin ou à des expositions
en tout genre. .. »
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Notre interlocuteur
insiste sur la notion de convivialité qui doit
prédominer. Il craint, par exemple, que des mesures
de sécurité draconiennes ne permettent pas
aux spectateurs genevois de vivre leur « troisième
mi-temps » au comptoir des buvettes des coursives.
Un plaisir accordé sans restriction aucune au public
du Parc Saint-Jacques à Bâle, pourtant bien
plus nombreux ! Evoquer le nom du Servette FC provoque
un froncement de sourcils. Les difficultés financières
des « grenat » ont une incidence inévitable
sur léquilibre budgétaire de la société
dexploitation : « Avec les trois matches de
léquipe de Suisse et le spectacle de Johnny
Hallyday, nous avons dégagé un bénéfice
qui ne doit pas servir à compenser les pertes subies
par le Servette FC pour lorganisation de ses matches
à domicile. » Quant au redressement du club,
celui-ci dépend notamment de larrivée
de nouveaux investisseurs, ce que tout le monde souhaite
de tous ses vux.
Les inconvénients du statut mixte de la Fondation
du Stade, à savoir la présence de collectivités
publiques et de représentants du secteur privé,
constituent un frein évident. Qui possède
réellement le pouvoir de décision ? Non
seulement la Fondation est privée de président
depuis la démission du Conseiller administratif
André Hediger mais entre représentants du
secteur privé et des collectivités publiques,
les objectifs ne sont pas toujours les mêmes. Sans
lengagement résolu de toutes les parties
impliquées dans cet ambitieux projet, le pire est
à redouter. Encore faut-il quelles se pénètrent
dune réalité incontournable : un stade
de cette envergure nest pas une source de profit
mais il est une vitrine incomparable pour le renom de
toute une région.
Jacques Ducret
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