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LA CHRONIQUE de Jacques Ducret
Octobre 2003
Les bienfaits d'une victoire

La victoire acquise de haute main à Bâle par la Suisse aux dépens de l’Eire, sur la marque de 2-0, a été accueillie avec autant de joie que de soulagement. La crainte d’un échec au dernier obstacle était bien réelle. Le mental des footballeurs suisses demeure vulnérable. Or dans ce match décisif pour une qualification directe au tour final de l’Euro 2004, ils ont fait preuve d’une grande lucidité.

Beau joueur, le coach irlandais Brian Kerr leur rendait hommage après la rencontre. Il louait plus particulièrement leur intelligence tactique : « Le dispositif de jeu des Suisses a posé des problèmes auxquels mes joueurs ne sont pas confrontés dans le championnat d’Angleterre… ». A lui seul, le positionnement de Hakan Yakin fut un casse tête. Sans lui, le visage de la formation helvétique change, pire se dégrade. Le Bâlois avait beaucoup manqué contre la France au Stade de Genève et à Moscou face à la Russie. Son influence dans le jeu de la Suisse est aussi importante que celle de Zinedine Zidane parmi les « Bleus ». Et au contraire de Jacques Santini, Köbi Kuhn n’a guère de solutions de rechange. Le réservoir de joueurs de valeur internationale est tout naturellement beaucoup plus étroit en Suisse. Il suffit de l’absence de deux ou trois titulaires pour que tout soit remis en question. Ainsi les défections de Ludovic Magnin et de Ricardo Cabanas laissaient craindre le pire ce week-end. Fort heureusement, il n’en fut rien. Dans tout autre registre que Cabanas, Benjamin Huggel se révéla fort utile en ligne médiane. Sa puissance athlétique contribua à émousser les énergies irlandaises. Il accusa certes un certain déchet dans son jeu. Préféré à Bruno Berner au poste de latéral gauche, Christoph Spycher a brillamment justifié le choix du coach.

Opposé le plus souvent au plus redoutable attaquant irlandais, Damien Duff, le sociétaire
des Grasshoppers a fait montre d’autant de sang froid que d’habileté. Longtemps, le sélectionneur s’est demandé s’il ne devait pas confier ce poste à Patrick Muller, dont il apprécie la polyvalence. Cette solution aurait eu l’avantage de maintenir Stéphane Henchoz dans le « onze » de départ. «Après réflexion, Köbi a rejeté cette option. Son constat est simple : Patrick est le meilleur stoppeur gauche possible ! »

Défensivement, la Suisse fut impressionnante de maîtrise. Le gardien Jörg Stiel (35 ans) n’eut guère à s’employer. Il ne leva cependant pas tous les doutes. Petit gabarit, il est trop souvent en difficulté dans les duels aériens. Pascal Zuberbühler (32 ans), sa doublure, possède lui une belle envergure mais il est irrégulier dans ses performances. Le numéro trois, Fabrice Borer (31 ans) traverse une passe difficile avec son club, les Grasshoppers. Ce trio vieillissant et pas toujours convaincant sera-t-il reconduit au Portugal (12 juin-4 juillet 2004) ? Il y a une chance à saisir pour des garçons comme le Servettien Stéphane Roth (25 ans) et le Xamaxien Patrick Bettoni (27 ans), les meilleurs de leur génération.

Attendu depuis 1996, ce retour de la Suisse dans le concert international aura, espère-t-on, des répercussions heureuses au niveau national. Elle contribuera à attirer plus de public aux matches de la « Super League ». Le FC Servette pourrait être l’un des premiers bénéficiaires de cet engouement. Enfin, le Stade de Genève devrait sans nul doute obtenir l’organisation de l’une ou l’autre des rencontres de préparation de la sélection helvétique le printemps prochain.

jd

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