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La victoire acquise
de haute main à Bâle par la Suisse aux dépens
de lEire, sur la marque de 2-0, a été
accueillie avec autant de joie que de soulagement. La
crainte dun échec au dernier obstacle était
bien réelle. Le mental des footballeurs suisses
demeure vulnérable. Or dans ce match décisif
pour une qualification directe au tour final de lEuro
2004, ils ont fait preuve dune grande lucidité.
Beau joueur, le coach irlandais Brian Kerr leur rendait
hommage après la rencontre. Il louait plus particulièrement
leur intelligence tactique : « Le dispositif de
jeu des Suisses a posé des problèmes auxquels
mes joueurs ne sont pas confrontés dans le championnat
dAngleterre
». A lui seul, le positionnement
de Hakan Yakin fut un casse tête. Sans lui, le visage
de la formation helvétique change, pire se dégrade.
Le Bâlois avait beaucoup manqué contre la
France au Stade de Genève et à Moscou face
à la Russie. Son influence dans le jeu de la Suisse
est aussi importante que celle de Zinedine Zidane parmi
les « Bleus ». Et au contraire de Jacques
Santini, Köbi Kuhn na guère de solutions
de rechange. Le réservoir de joueurs de valeur
internationale est tout naturellement beaucoup plus étroit
en Suisse. Il suffit de labsence de deux ou trois
titulaires pour que tout soit remis en question. Ainsi
les défections de Ludovic Magnin et de Ricardo
Cabanas laissaient craindre le pire ce week-end. Fort
heureusement, il nen fut rien. Dans tout autre registre
que Cabanas, Benjamin Huggel se révéla fort
utile en ligne médiane. Sa puissance athlétique
contribua à émousser les énergies
irlandaises. Il accusa certes un certain déchet
dans son jeu. Préféré à Bruno
Berner au poste de latéral gauche, Christoph Spycher
a brillamment justifié le choix du coach.
Opposé le plus souvent au plus redoutable attaquant
irlandais, Damien Duff, le sociétaire |
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des Grasshoppers
a fait montre dautant de sang froid que dhabileté.
Longtemps, le sélectionneur sest demandé
sil ne devait pas confier ce poste à Patrick
Muller, dont il apprécie la polyvalence. Cette
solution aurait eu lavantage de maintenir Stéphane
Henchoz dans le « onze » de départ.
«Après réflexion, Köbi a rejeté
cette option. Son constat est simple : Patrick est le
meilleur stoppeur gauche possible ! »
Défensivement, la Suisse fut impressionnante de
maîtrise. Le gardien Jörg Stiel (35 ans) neut
guère à semployer. Il ne leva cependant
pas tous les doutes. Petit gabarit, il est trop souvent
en difficulté dans les duels aériens. Pascal
Zuberbühler (32 ans), sa doublure, possède
lui une belle envergure mais il est irrégulier
dans ses performances. Le numéro trois, Fabrice
Borer (31 ans) traverse une passe difficile avec son club,
les Grasshoppers. Ce trio vieillissant et pas toujours
convaincant sera-t-il reconduit au Portugal (12 juin-4
juillet 2004) ? Il y a une chance à saisir pour
des garçons comme le Servettien Stéphane
Roth (25 ans) et le Xamaxien Patrick Bettoni (27 ans),
les meilleurs de leur génération.
Attendu depuis 1996, ce retour de la Suisse dans le concert
international aura, espère-t-on, des répercussions
heureuses au niveau national. Elle contribuera à
attirer plus de public aux matches de la « Super
League ». Le FC Servette pourrait être lun
des premiers bénéficiaires de cet engouement.
Enfin, le Stade de Genève devrait sans nul doute
obtenir lorganisation de lune ou lautre
des rencontres de préparation de la sélection
helvétique le printemps prochain.
jd |