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Le football suisse
bouge, prend des risques, plonge dans linconnue.
Lassemblée extraordinaire de la « Swiss
Football League » sest refusée à
toute mesure dilatoire face aux bouleversements en cascade
engendrés par les accords bilatéraux entre
la Suisse et les pays membres de la Communauté
Européenne. On pourrait même parler dune
reddition sans condition.
Ce nest pas totalement innocent si le porte-parole
de la « SFL » dans cette affaire nétait
autre quun membre de Neuchâtel/Xamax. Vice-président
du comité, Me Marco Zen Ruffinen na pu que
réjouir Alain Pedretti, le repreneur du club, dans
son vibrant plaidoyer : pas de salut hors de la libre
circulation des personnes, abolition de toutes les entraves
administratives en matière de qualification des
joueurs issus de lUnion Européenne mais aussi
des Etats membres de lAELE. Théoriquement,
rien nempêchera désormais de puiser
dans les centres de formation doutre-Jura. De renforcer
ainsi son effectif à bon compte. Ce raisonnement
vient tout naturellement à lesprit de tous
ceux qui connaissent la situation du football délite
dans lHexagone. De plus en plus de jeunes restent
sur le carreau. Les clubs de L1 et de L 2 resserrent leur
budget et leur contingent. Après quatre années
dapprentissage avec un statut précaire de
stagiaire, la quasi majorité de ces garçons
sont contraints de chercher de lembauche en National
(3e division) et même le plus souvent à léchelon
inférieur, en CFA 1 et 2.
La prospection auprès de ces laisser pour compte
est hasardeuse. A moins dun heureux hasard, il est
difficile de croire quune formation de la «
Super League » trouvera son bonheur dans ce type
de recrutement. Elle se tournera plutôt vers un
joueur qui a déjà lexpérience
de la compétition de haut niveau.
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Mais le haut
de gamme à son prix. Entre 1996 et 2002, le salaire
moyen du footballeur de la L1 française est passé
de 20.000 euros mensuels environ à 40.000 euros.
A titre de comparaison, il suffit de prendre le cas de
lattaquant Frédéric Née. Confiné
sur le banc des réservistes à lOlympique
Lyonnais, il a accepté un transfert à Bastia
où une place de titulaire lui était quasiment
assurée. Ce bon choix sur le plan sportif la
contraint à un véritable sacrifice financier.
Entre les 91.000 euros mensuels quil touchait à
Lyon et les 26.000 euros que lui verse le club corse,
la différence est énorme. Toutefois même
avec son salaire bastiais, Née trouverait difficilement
preneur en Suisse. Seul le FC Bâle offre à
ses joueurs des rémunérations de cet ordre.
Lafflux de mercenaires ninterviendra quaprès
lélargissement de la Communauté européenne,
lorsque de lEstonie à la Bulgarie, les footballeurs
de lEst, beaucoup moins exigeants en matière
de rémunération, verront tomber toutes les
barrières. Qui se souciera encore de formation
au sein de la « Swiss Football League » ?
La possibilité de se renforcer à bon marché
primera toute autre considération. Le département
technique de lASF, qui se flatte davoir obtenu
dexcellents résultats ces dernières
années, aura la tâche impossible. Confrontés
à une concurrence toujours plus forte, les «
sélectionnables », c'est-à-dire les
Suisses, se feront de plus en plus rares. Aujourdhui
déjà, les meilleurs ont pris le chemin de
létranger. Cette tendance va saccentuer.
jd |