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LA CHRONIQUE de Jacques Ducret
Juin 2004
Le rendez-vous manqué de la Suisse

Huit ans après sa première participation à un tour final du championnat d’Europe des nations, la Suisse est éliminée prématurément avec un bilan identique. Comme en 1996, elle n’a pris qu’un point en trois matches. Mieux encore, c’est également lors de son premier match qu’elle a obtenu un résultat nul. Certes, celui de Wembley contre l’Angleterre (1-1) avait plus d’allure que le 0-0 décroché contre la Croatie à Leiria. Mais en 2004, l’ultime défaite (3-1) contre la France à Coimbra suscita plus d’éloges que la dérobade devant l’Ecosse (1-0) à Birmingham.

Néanmoins un vif sentiment de frustration prédomine aujourd’hui. La Suisse aurait pu obtenir bien davantage si elle n’avait pas connu tant d’éléments contraires. La campagne de qualification avait été gagnée grâce essentiellement à la verve offensive du trio Hakan Yakin/Alexander Frei/Stéphane Chapuisat. Or ces trois éléments clés n’ont pas eu le rendement attendu au Portugal. Pour « Chappi », ce fut le tournoi de trop. Bien qu’il ait encore ce printemps fait preuve d’une belle efficacité sous le maillot des Young Boys, le glorieux ancien est apparu carbonisé à cet « Euro 2004 ». Déjà lors des matches de préparation de l’équipe nationale, sa passivité avait suscité quelque inquiétude. Contre la Croatie et l’Angleterre, il fut un poids mort. Un constat que l’on ne formule pas de gaieté de cœur, tant l’homme a apporté au football helvétique. Il se donne encore une année avant d’arrêter la haute compétition mais sa carrière d’international est terminée.

Hakan Yakin est mal conseillé. Après un passage raté au PSG, il avait été bien heureux de se relancer sportivement en revenant au FC Bâle. Pourquoi a-t-il éprouvé le besoin de quitter à nouveau le club rhénan en cours de saison ? Son passage au VfB Stuttgart a sûrement enrichi le compte en banque de son
agent. En revanche, lui-même a beaucoup perdu. A commencer par la confiance en ses moyens. Relégué à un rôle de joker de luxe, il a peu joué et rarement dans un contexte favorable. Déstabilisé, il n’a pas exprimé au Portugal cette créativité que l’on admirait tant. Il a ressenti comme un affront son remplacement contre la France après une heure de jeu. La décision de Kuhns sanctionnait simplement sa piètre performance.

Personne plus qu’Alex Frei n’a souffert dans le clan suisse le soir du match contre la France. Au lieu d’une présence agissante sur le terrain qui aurait pu être décisive, il fut condamné à l’inaction. Il paya au prix fort son caractère impulsif. L’affaire du « crachat masqué » contre l’Anglais Gerrard est devenue une affaire d’Etat mais aussi un monument d’hypocrisie. Entre des officiels helvétiques jouant les pères la vertu et une télévision nationale drapée dans son sens à géométrie variable de l’éthique professionnel, l’avant-centre du Stade Rennais s’est trouvé piégé. Comme celui de la Suisse avec les grandes nations européennes, son rendez-vous avec Fabien Barthez a été manqué. Le portier marseillais, qui se souvenait des quatre buts marqués en championnat par Frei, en a été bien soulagé.

Avec deux expulsions lors de ses deux premières rencontres, plus la suspension qui frappa son numéro 9, l’équipe de Suisse n’a pas remporté le prix du fair play mais elle a tout de même forcé l’estime du public par la qualité de son football. Ce qui constitue une belle fiche de consolation.

jd

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