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Huit ans après
sa première participation à un tour final
du championnat dEurope des nations, la Suisse est
éliminée prématurément avec
un bilan identique. Comme en 1996, elle na pris
quun point en trois matches. Mieux encore, cest
également lors de son premier match quelle
a obtenu un résultat nul. Certes, celui de Wembley
contre lAngleterre (1-1) avait plus dallure
que le 0-0 décroché contre la Croatie à
Leiria. Mais en 2004, lultime défaite (3-1)
contre la France à Coimbra suscita plus déloges
que la dérobade devant lEcosse (1-0) à
Birmingham.
Néanmoins un vif sentiment de frustration prédomine
aujourdhui. La Suisse aurait pu obtenir bien davantage
si elle navait pas connu tant déléments
contraires. La campagne de qualification avait été
gagnée grâce essentiellement à la
verve offensive du trio Hakan Yakin/Alexander Frei/Stéphane
Chapuisat. Or ces trois éléments clés
nont pas eu le rendement attendu au Portugal. Pour
« Chappi », ce fut le tournoi de trop. Bien
quil ait encore ce printemps fait preuve dune
belle efficacité sous le maillot des Young Boys,
le glorieux ancien est apparu carbonisé à
cet « Euro 2004 ». Déjà lors
des matches de préparation de léquipe
nationale, sa passivité avait suscité quelque
inquiétude. Contre la Croatie et lAngleterre,
il fut un poids mort. Un constat que lon ne formule
pas de gaieté de cur, tant lhomme a
apporté au football helvétique. Il se donne
encore une année avant darrêter la
haute compétition mais sa carrière dinternational
est terminée.
Hakan Yakin est mal conseillé. Après un
passage raté au PSG, il avait été
bien heureux de se relancer sportivement en revenant au
FC Bâle. Pourquoi a-t-il éprouvé le
besoin de quitter à nouveau le club rhénan
en cours de saison ? Son passage au VfB Stuttgart a sûrement
enrichi le compte en banque de son |
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agent. En revanche,
lui-même a beaucoup perdu. A commencer par la confiance
en ses moyens. Relégué à un rôle
de joker de luxe, il a peu joué et rarement dans
un contexte favorable. Déstabilisé, il na
pas exprimé au Portugal cette créativité
que lon admirait tant. Il a ressenti comme un affront
son remplacement contre la France après une heure
de jeu. La décision de Kuhns sanctionnait simplement
sa piètre performance.
Personne plus quAlex Frei na souffert dans
le clan suisse le soir du match contre la France. Au lieu
dune présence agissante sur le terrain qui
aurait pu être décisive, il fut condamné
à linaction. Il paya au prix fort son caractère
impulsif. Laffaire du « crachat masqué
» contre lAnglais Gerrard est devenue une
affaire dEtat mais aussi un monument dhypocrisie.
Entre des officiels helvétiques jouant les pères
la vertu et une télévision nationale drapée
dans son sens à géométrie variable
de léthique professionnel, lavant-centre
du Stade Rennais sest trouvé piégé.
Comme celui de la Suisse avec les grandes nations européennes,
son rendez-vous avec Fabien Barthez a été
manqué. Le portier marseillais, qui se souvenait
des quatre buts marqués en championnat par Frei,
en a été bien soulagé.
Avec deux expulsions lors de ses deux premières
rencontres, plus la suspension qui frappa son numéro
9, léquipe de Suisse na pas remporté
le prix du fair play mais elle a tout de même forcé
lestime du public par la qualité de son football.
Ce qui constitue une belle fiche de consolation.
jd |