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Sans les audaces
de Marc Roger, le championnat suisse 2004/05 apparaîtrait
dépourvu dattrait et de suspense. Seul le
FC Servette sest montré aussi actif que le
FC Bâle sur le marché des transferts. Les
huit autres équipes de la « Super League
» se sont confinées dans un attentisme prudent.
Elles nont pas véritablement cherché
à se renforcer. A commencer par les Grasshoppers,
toutes accusent une baisse de leur budget.
Les préoccupations économiques prennent
le pas sur toute autre considération, aussi bien
à Berne, à Zurich quà Neuchâtel.
Jamais la moyenne des salaires na été
aussi basse. Ainsi, les artisans de la promotion du FC
Schaffhouse ne vont pas senrichir. Bien que professionnels
à cent pour cent, ils se contenteront dune
paie mensuelle bien modeste, soit entre quatre mille et
six mille francs. Assez inattendue, leur ascension doit
beaucoup au remarquable travail de leur entraîneur
Jürgen Seeberger. Il avait su mettre laccent
sur une maîtrise collective fruit dune grande
discipline. Mais à léchelon supérieur,
cet atout ne suffira pas à masquer quelques lacunes
individuelles criardes. Dautant plus quil
a perdu son attaquant le plus efficace, le Brésilien
Francisco Neri (17 buts la saison dernière) passé
aux Young Boys.
La masse salariale du néo promu est de 1,32 millions.
Elle est dix fois inférieure à celle du
champion en titre. Au FC Bâle, même les remplaçants
sont grassement payés. Ainsi le Genevois Sébastien
Barberis, avec 320.000 frs (chiffre donné par le
« SonntagsZeitung ») touche approximativement
trois fois plus que le mieux loti du FC Schaffouse ! Seulement,
le fils de « Bertine » naura pas la
possibilité de séclater aussi souvent
quil le souhaiterait sur le terrain. La concurrence
est terrible à Saint-Jacques. Djamel Mesbah, le
transfuge servettien, sen apercevra rapidement.
Il risque de connaître les mêmes tourments
quun autre ex-« grenat », Carlos Varela,
passé depuis au FC Aarau.
En toute logique, les protégés de Christian
Gross survoleront le championnat. Tous les postes sont
doublés. Léchec des pourparlers menés
avec Patrick Muller a été compensé
par |
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lengagement
dun authentique international brésilien,
Correa Kleber. Seul le FC Servette semble capable dempêcher
un cavalier seul des Rhénans. Sur le papier du
moins, la formation genevoise est mieux armée que
ses rivales des bords de la Limmat, Grasshoppers et FC
Zurich. Ces deux équipes ont la particularité
dêtre entraînée par deux anciens
joueurs servettiens des années quatre-vingt, Alain
Geiger et Lucien Favre. Le premier peut compter au Hardturm
sur la collaboration de son pote de toujours, Jean-Paul
Brigger. Celui-ci en tant que directeur sportif éprouve
beaucoup de mal à combler les vides laissés
par les départs de Borer au FC Sion, de Petric
au FC Bâle et de Tararache au FC Zurich. Quant à
« Lulu » Favre, la crainte de revivre une
première partie de championnat aussi cauchemardesque
que la saison dernière est bien là. Il est
privé pour de longues semaines des deux piliers
de sa défense, lArgentin Capria et le Roumain
Filipescu.
A lautomne 2005, les Young Boys inaugureront le
nouveau Wankdorf. Dans cette perspective, lentraîneur
Hans-Peter Zaugg a réclamé la venue de renforts
de qualité. Mais il na pas été
écouté. La formation bernoise a perdu son
attaquant le plus incisif, le Brésilien Leandro,
parti à Hanovre. LAllemagne exerce une grande
attraction sur les joueurs suisses. Ainsi Rama, le buteur
du FC Thoune, a-t-il pris le chemin dAugsbourg.
Au FC Aarau, cest le défenseur Keller, autre
international, qui franchit le Rhin pour rallier Erfurt.
Alors que le grand « espoir » du FC Saint-Gall,
Barnetta, se retrouve à Hanovre.
Second représentant romand, Neuchâtel/Xamax
nenvisage pas sans appréhension labandon
de la Maladière au profit de La Charrière
à La Chaux-de-Fonds. Prévu pour trois ans,
ce changement de stade constitue indéniablement
un handicap. Autre point noir, le manque de liquidité
qui a provoqué le départ de quelques titulaires.
La lutte contre la relégation est déjà
engagée.
jd |