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Une qualification
de la Suisse pour la Coupe du Monde 2006 passe nécessairement
par un exploit au Stade de France, le 26 mars 2005. La
formation de Köbi Kuhn a brûlé son dernier
joker à Tel Aviv. Venant après celui concédé
à Bâle face à lIrlande, le match
nul enregistré au stade Ramat Gan (2-2) plaçait
les Helvètes en fâcheuse posture au soir
du troisième tour du groupe 4. Constat paradoxal
certes puisquils conservaient la première
place. Mais la double menace franco-irlandaise se précisait.
LEire apparaît désormais comme la mieux
placée. Elle a réussi une excellente opération
à Saint Denis face aux « Tricolores ».
Au Park Saint-Jacques déjà, en septembre,
elle avait dévoilé ses ambitions en faisant
jeu égal avec la Suisse (1-1). Certes, elle avait
bénéficié dune certaine réussite.
A Paris, sa démonstration a été plus
convaincante encore. Sans le brio de Barthez, les trois
points seraient tombés dans lescarcelle de
Roy Keane et de ses camarades.
Les Français possèdent un tel potentiel
quil est difficile de ne pas croire à leurs
chances de redressement. En revanche, les Suisses ne disposent
pas dun réservoir de joueurs suffisants pour
prétendre passer sans encombre les embûches
de ce véritable parcours du combattant. Certes,
ils développent un jeu plus attrayant, plus porté
vers loffensive que celui de leurs rivaux mais leur
équilibre est instable. Il suffit que les frères
Yakin ne soient pas à leur niveau pour que toute
lorganisation soit en péril. Il y a deux
ans, Murat et Hakan avaient été les grands
artisans de la qualification pour lEuro 2004. Ils
avaient permis à Kuhn dimposer un dispositif
tactique audacieux. Aujourdhui, ce même schéma
(4-3-1-2) apparaît vulnérable. Trop souvent
handicapé par des ennuis musculaires, Murat le
défenseur a perdu de sa mobilité. Ainsi
il a beaucoup souffert face à lexplosif Benayoun,
le mercenaire de Santander. Son frère Hakan ne
parvint pas à masquer son manque de compétition
à Tel Aviv. Dans son rôle de « rifinitore
», il ne procura pas à Frei et à Vonlanthen
les balles de but espérées. |
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Dans cinq mois,
le sélectionneur sera-t-il contraint dinnover
afin de pallier la défection du duo fraternel ?
La question mérite dêtre posée.
Kuhn na pas fini de sinterroger. Son premier
souci sera dassurer ses arrières. Or la solution
de rechange quil croyait détenir noffre
plus des garanties satisfaisantes. Ignoré par le
nouvel entraîneur de Liverpool FC, Henchoz est au
chômage forcé. Lui aussi, comme Murat Yakin,
accuse à 30 ans une certaine usure. Tous deux ont
abordé la haute compétition très
jeune. Ils en paient le prix aujourdhui. Le coach
national, qui dirigea longtemps les M21, serait heureux
dinsuffler du sang neuf. Philippe Senderos présente
le profil idéal. Malheureusement, lex-Servettien
sort dune année de complète inactivité.
Il a repris la compétition en août avec la
formation réserve dArsenal. « Pas question
de lintroduire en équipe première
avant trois mois ! » avait déclaré
Arsène Wenger. Cette période dattente
arrive à son terme. Le Genevois devrait fêter
prochainement ses débuts en « Premier League
».
Le plus apte à suppléer Hakan Yakin au poste
de numéro 10 est sans conteste Chiumento, lItalo-Suisse
de Sienne. Mais il balance toujours entre ses deux patries
au grand dam de Köbe Kuhn.
jd |