 |
Trois matches internationaux en lespace dune
semaine dans le même stade, cétait
du jamais vu ! A La Praille pourtant, le défi
a été relevé avec succès.
La rencontre Espagne Croatie (2 :1) a clôturé
dignement une série amorcée le mercredi
31 mai avec Suisse Italie (1 :1) et poursuivie
le dimanche 4 juin avec Brésil Nouvelle
Zélande (4:0).
Aucun incident majeur na été déploré.
Les responsables du Stade de Genève eurent le
mérite de tirer rapidement la leçon des
embarras de circulation de la première soirée.
Dans la perspective de lEURO 2008, cette flexibilité
de réaction est de bon augure.
Il était évident que la troisième
rencontre de ce programme mammouth, contrairement aux
deux premières, nallait pas se jouer à
guichets fermés. En dépit de la concurrence
de la TV avec la retransmission de France-Chine, il
y avait néanmoins quinze mille spectateurs. Les
supporters espagnols avaient lavantage du nombre.
Ils surent se faire entendre mais avant de crier victoire,
ils connurent bien des tourments.
Demi-finaliste en 1998, la Croatie a perdu ses stars
(Boban, Suker, Prosinecki) mais elle demeure redoutable.
Ne serait-ce déjà que par lenvergure
athlétique de ses joueurs. Dans ce domaine, les
Croates marquaient un net avantage sur leurs adversaires
au Stade de Genève. Même sil fut
le fruit dun autogoal de Pablo (14e minute), lavance
acquise en première période nétait
pas usurpée. Alors que dans les rangs ibériques,
Raul ne créait pas en attaque lanimation
attendue, les coups de boutoir de lex-Monégasque
Prso parlaient en faveur de la force de pénétration
des Croates. Le tournant du match se situa peut-être
à la 55e minute. Seule une parade miracle de
Canizares sauvait lEspagne dun deuxième
but. Obtenue sur un coup franc du latéral Pernia
(62e), légalisation, coïncidait
avec lintroduction dIniesta.
|
 |
Le Barcelonais apportait toute sa créativité
dans lentrejeu. Il facilitait laction de
Torres, lequel avait relayé Raoul à la
pause. Dans les arrêts de jeu, lavant-centre
dAtletico Madrid signait lexploit de la
partie par son but magistral. A linterview, Luis
Aragones se félicitait de la force mentale de
ses protégés : « Lorsquon
est mené à la marque contre les Croates,
il est souvent difficile de renverser la situation !
». Le plus surpris par cette défaite concédée
in extremis fut sans doute Miroslav Blazevic lequel
exécutait un mini tour dhonneur dans le
virage occupé par les « fans » croates.
Lex-entraîneur de Neuchâtel/Xamax
rappelait de façon un peu théâtrale
quil avait été le sélectionneur
national à la Coupe du Monde de 1998.
En Allemagne, la Croatie aura du mal à réussir
le même parcours quil y a huit ans en France.
Elle ne dispose plus de fortes personnalités
dans lentrejeu et sa défense manque de
mobilité. Toutefois, le métier des
frères Robert et Niko Kovac est un gage de sécurité.
La revue deffectif auquel se prêta le coach
Zlatko Kranjcar à Genève napporta
pas une réponse à une question légitime
: le Bâlois Mladen Petric naurait-il
pas eu sa place dans cet effectif ?
LEspagne pourrait bien être ladversaire
de la Suisse en huitième de finale, à
Hanovre, si daventure elle terminait au premier
rang du groupe H alors que dans le même temps,
les protégés de Köbi Kuhn sassureraient
la deuxième place dans le groupe G. Une telle
confrontation ne manquerait pas dattrait entre
deux équipes qui misent beaucoup sur la vivacité
dans les échanges.
jd
|