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La saison 2006/2007 marquera-t-elle le retour du Servette
FC au sein de lélite ? Ce serait une façon
élégante de renouer avec un passé
glorieux et de fêter dignement, cent ans après,
lanniversaire de son premier titre. Les
« grenat » brisèrent en 1906/1907
lhégémonie des clubs alémaniques
qui, depuis la création dun championnat
de série A en 1897, monopolisaient les premières
places.
Membre de lASFA (Association suisse de football
et athlétisme) depuis 1900, le club genevois
avait été sacré champion romand
en 1904 mais il avait échoué lors du tour
final pour lattribution du titre national. Trois
ans plus tard, pour sa troisième participation
au tour final, il sadjugeait le trophée
après avoir battu le FC Bâle (5 :1) et
les Young Fellows de Zürich (1 :0). Ce succès
récompensait en premier lieu le dynamisme, le
dévouement dun président hors norme,
le docteur Aimé Schwob. Ce médecin de
nationalité française avait de multiples
cordes à son arc. Ainsi, il prenait volontiers
la plume, donnait des articles au journal quil
avait lui-même créé en 1897, «
La Suisse sportive ». Passionné de sport,
il conciliait son mandat de président de Servette
FC avec celui de secrétaire de lUnion vélocipédique
genevoise.
Le but décisif, celui qui décida de la
victoire aux dépens des Young Fellows, avait
été luvre de lailier
allemand Frey. Mais le principal atout du « onze
» champion était un autre étranger
: le puissant avant-centre Gordon Morier. Il alliait
la force athlétique et la finesse technique.
Il retournera en Grande-Bretagne au début de
la guerre 14/18 pour endosser un uniforme dofficier
dartillerie. Morier aura été au
Servette FC le premier représentant dune
longue série de cracks étrangers dont
le dernier se nomme Christian Karembeu ! De cette équipe
championne en 1907, cinq éléments devaient
revêtir une fois ou lautre dans leur carrière,
le maillot à croix blanche. Il sagissait
du gardien Dreyfus, des frères Marcel et Maurice
Henneberg, de lailier Renand et du demi Mégroz.
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Ce rappel historique nest pas superflu. Cent
ans après la conquête de son premier titre
national, Servette FC se retrouve à un tournant
de son histoire. Pour retrouver la place qui était
la sienne dans la hiérarchie nationale, il ne
le lui suffit pas de posséder ce merveilleux
outil de travail quest le Stade de Genève.
Il faut que se mobilisent à nouveaux toutes les
forces financières, industrielles et populaires
qui contribuèrent à ses succès
dantan. Autrement, rien nempêchera
la fuite de ses meilleurs talents. La déréglementation
en matière de transferts laisse le club étrangement
démuni face aux convoitises extérieures.
Déjà le départ de Julian Esteban
semble inéluctable. En janvier 2003, lagent
de joueurs Walter Fernandez avait piloté Alex
Frei jusquà Rennes. Le nouveau buteur servettien
pourrait bien à son tour prendre le chemin de
la France.
Les « grenat » attendront plus de dix ans
avant de conquérir un deuxième titre (1917/1918).
Pendant plus de vingt ans, soit entre 1918 et 1940,
Servette FC saffirmait comme le principal rival
des Grasshoppers dans la course au titre. Huit fois
champion de Suisse durant cette période, le club
des Charmilles jouissait de lappui unanime de
la classe politique dans la cité. Dans
les années vingt, le président servettien,
Gaston Bonnet, était également un député
très en vue du Grand Conseil.
jd
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