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LA CHRONIQUE de Jacques Ducret
5 octobre 2006
Cent ans après

La saison 2006/2007 marquera-t-elle le retour du Servette FC au sein de l’élite ? Ce serait une façon élégante de renouer avec un passé glorieux et de fêter dignement, cent ans après,  l’anniversaire de son premier titre. Les « grenat » brisèrent en 1906/1907 l’hégémonie des clubs alémaniques qui, depuis la création d’un championnat de série A en 1897, monopolisaient les premières places.

Membre de l’ASFA (Association suisse de football et athlétisme) depuis 1900, le club genevois avait été sacré champion romand en 1904 mais il avait échoué lors du tour final pour l’attribution du titre national. Trois ans plus tard, pour sa troisième participation au tour final, il s’adjugeait le trophée après avoir battu le FC Bâle (5 :1) et les Young Fellows de Zürich (1 :0). Ce succès récompensait en premier lieu le dynamisme, le dévouement d’un président hors norme, le docteur Aimé Schwob. Ce médecin de nationalité française avait de multiples cordes à son arc. Ainsi, il prenait volontiers la plume, donnait des articles au journal qu’il avait lui-même créé en 1897, « La Suisse sportive ». Passionné de sport, il conciliait son mandat de président de Servette FC avec celui de secrétaire de l’Union vélocipédique genevoise.

Le but décisif, celui qui décida de la victoire aux dépens des Young Fellows, avait été l’œuvre de l’ailier allemand Frey. Mais le principal atout du « onze » champion était un autre étranger : le puissant  avant-centre Gordon Morier. Il alliait la force athlétique et la finesse technique. Il retournera en Grande-Bretagne au début de la guerre 14/18 pour endosser un uniforme d’officier d’artillerie. Morier aura été au Servette FC le premier représentant d’une longue série de cracks étrangers dont le dernier se nomme Christian Karembeu ! De cette équipe championne en 1907, cinq éléments devaient revêtir une fois ou l’autre dans leur carrière,  le maillot à croix blanche. Il s’agissait du gardien Dreyfus, des frères Marcel et Maurice Henneberg, de l’ailier Renand et du demi Mégroz.

Ce rappel historique n’est pas superflu. Cent ans après la conquête de son premier titre national, Servette FC se retrouve à un tournant de son histoire. Pour retrouver la place qui était la sienne dans la hiérarchie nationale, il ne le lui suffit pas de posséder ce merveilleux outil de travail qu’est  le Stade de Genève.  Il faut que se mobilisent à nouveaux toutes les forces financières, industrielles et populaires qui contribuèrent à ses succès d’antan.  Autrement, rien n’empêchera la fuite de ses meilleurs talents. La déréglementation en matière de transferts laisse le club étrangement démuni face aux convoitises extérieures.  Déjà le départ de Julian Esteban semble inéluctable.  En janvier 2003, l’agent de joueurs Walter Fernandez avait piloté Alex Frei jusqu’à Rennes. Le nouveau buteur servettien pourrait bien à son tour prendre le chemin de la France.

Les « grenat » attendront plus de dix ans avant de conquérir un deuxième titre (1917/1918).  Pendant plus de vingt ans, soit entre 1918 et 1940, Servette FC s’affirmait comme le principal rival des Grasshoppers dans la course au titre. Huit fois champion de Suisse durant cette période, le club des Charmilles jouissait de l’appui unanime de la classe politique dans la cité.  Dans les années vingt, le président servettien, Gaston Bonnet, était également un député très en vue du Grand Conseil.



jd


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