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LA CHRONIQUE de Jacques Ducret
5 novembre 2006
L'après Esteban

Il n’existe pas au sein de la Swiss Football League, un club aux finances plus transparentes. Servette FC est le bon élève de la classe. Au secrétariat de la « SFL » à Muri, on se félicite de la promptitude avec laquelle le président Francesco Vinas fournit toutes les pièces comptables désirées par la commission de contrôle.

Club exemplaire à bien des égards, Servette FC est le seul (Super League et Challenge League confondues) à avoir présenté au début de cette saison 2006/2007 un contingent de joueurs uniquement issu de sa ville ou de ses environs.

Mais la sagesse affichée à ses limites. Elle ne permet pas un retour à marche forcée vers la Super League, à l’exemple du FC Sion lequel a tourné le dos à un recrutement essentiellement cantonal. Il n’y a d’ailleurs plus de Valaisans de souche dans l’équipe de base. Curieusement, cette absence ne freine pas les ardeurs des supporters et l’engouement du grand public. Les gradins du stade de Tourbillon, quelque soit l’adversaire, sont toujours remplis de spectateurs acquis à la cause sédunoise. Cette ferveur est unique en Suisse, seul le FC Saint-Gall s’en approche.

Le départ de Julian Esteban au Stade Rennais marque un tournant dans la politique appliquée par le président Vinas. Le transfert du buteur maison est financièrement une bonne affaire. Avec le produit de cette vente, le directeur sportif Sébastian Fournier a la possibilité de renforcer l’équipe. Mais les nouveaux venus ne viendront pas forcément de la région lémanique. Il y a certes la filière carougeoise. Après les attaquants Geoffrey Treand et Matias Vitkieviez, le prometteur Alain Guijarrot (19 ans) pourrait à son tour rejoindre les rangs des « grenat ». Sa vivacité apporterait beaucoup dans l’entrejeu.

Mais la recherche d’un réalisateur capable de compenser la perte d’Esteban ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval. La quête sera longue et son issue incertaine.

Francesco Vinas l’a toujours dit : il se donne cinq ans pour retrouver l’élite. Avec la promotion en Challenge League au terme de la saison 2005/2006, il serait plutôt en avance sur son tableau de marche. Il n’est pas homme à brûler les étapes. Il a gardé un souvenir cuisant des erreurs de gestion qui précipitèrent la perte de ses prédécesseurs. Il constate non sans amertume le peu d’intérêt que suscite dans les milieux économiques ce Servette régénéré. C’est un cercle vicieux. Aussi longtemps que le club jouera en seconde division, il se heurtera à un mur d’indifférence. Mais pour accéder à la Super League, il lui faut s’assurer des concours financiers qui lui font cruellement défaut. Le transfert de Philippe Senderos à Arsenal, au terme de la saison 2002/2003, avait évité que le club ne se trouve en cessation de payement alors qu’il venait d’inaugurer le Stade de Genève à La Praille. Celui de Julian Esteban en Bretagne permettra à l’équipe dirigeante servettienne d’intensifier ses efforts dans le domaine de la formation. L’objectif est noble mais les Genevois attendent davantage. Ils ne se mobilisent pas pour soutenir les « grenat ». Ceux-ci bataillent devant une assistance qui reste modeste, même si elle demeure dix fois supérieure à celle qu’enregistrent les clubs genevois de la 1ère Ligue. A jauger les 2 500 spectateurs comptabilisés à La Praille et les 250 égarés à La Fontenette, on mesure de la désaffection du grand public. Celui-ci préfère prendre le chemin des Vernets.



jd


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